S il y a une chose a envier aux japonais, ce n est pas leur discipline, leur econmie, leur metro si propre qu on pourrait y manger par terre ... ce sont leurs feux d artifices. Hanabi (qui est au passage le titre d un des meilleurs film de kitano, en location dans tous les bons videos au club ou par les moyens de pirates que vous connaissez) Hanabi disais je se traduit par feux dartifice mais veut dire plus litteralement "fleur de feux" ...
Un hanabi au japon, ca se prepare ... ca se merite .... suffit pas de sortir la twingo pour se garer en double file et arriver 5 minutes avant le debut ... pour repartir si tot le bouquet final fane ... neni
Certains vont jusqu a preparer 10 voire 15 jours a lavance ... et la de deux choses l une soit les japonais sont fous (pas completement faux) soit c est un evenement extraordinaire (vrai). Ils vont donc reconnaitre le terrain et reservent une parcelle de sol en tendant des ficelles ou en collant du scotch marron ... le but avoue etant de reserver une place pour poser une bache le jour J. Cette bache deviendra un temps une annexe de leurs maisons puisque leur nom y est inscrit, qu on s y dechausse avant d entrer, qu on y invite ses amis.
Le hanabi c est surtout une fete ... les japonais (et quelques gaijins dont je fais parfois partis) sortent leur tenue de fete. Les yukatas fleurissent de toutes part. C est tres colore pour les filles : du rose, du bleu, du jaune, du rouge, des poissons, des papillons, des fleurs, des etoiles ... plus sobre chez les hommes avec des teintes sombres (noir ou bleu marine) sans trop de fioritures. Le claquement du bois des getas sur le sol donne aux ruelles des allures meiji...
Les vendeurs de bouffe rapide traditionnelle (yakisoba : nouilles sautes, takoyaki: beignet de poulpes) envahissent chaque coin de rue et achalandent en hurlant. Les conbinis (petite superettes) vomissent leurs etales sur le trottoir afin d etre au plus pres du flot de client qui vogue vers les fleurs de feux. A linterieur, les etales sont reorganises ... Dans lun d'eux, on a vidé un frigo entier pour vendre de la glace : en blocs, pillée, ou en carrés. Les policiers dans la rue nous aiguilles dans le dédales de petites rues.
Lorsque nous arrivons sur place, une rampe a été montée sur les talus pour l'occasion. C'est raide. Arrivés en haut, on se croirait dans un film. Les bords de la rivière ont été saupoudrés de centaines de milliers de japonais. Un stade de foot sur les bords d'Edogawa. Le maracana. Les bâches bleus parcellent la pelouse. On y cherche un ami qui fête son anniversaire... au milieu de plusieurs centaines de milliers de japonais. On en sourit. 2 groupes de 2 pour être plus efficaces et on cherche une aiguille dans un botte. On se faufile comme des anguilles et on prend soin d'enlever nos bottes lorsqu'on passe sur les bâches-maison. Les miracles existent. On retrouve notre ami.
On termine l'après midi en papotant et en regardant le ciel s'assombrir. Les enfants courent sur les bâches. Yves (maillot japonais, N°12 takahara) pose pour la photo avec un japonais (maillot francais, N°12 Henry). A
17h, entre chien et loup on ouvre les premiers paquets de chips (aromatisées à des trucs bizarres, genre natto).
A 18h, on crépuscule et on boit (beaucoup si on est japonais). Les files d'attente devant les toilettes flirtent avec celles qu'on peut trouver devant un concert de Madonna dans le marais.
19h30, la première flamme s'illumine dans un « sugoi » général (super!!!). Le public japonais est participatif. Il a su garder son âme d'enfant, sa capacité d'émerveillement. Alors on poncute chaque originalité (un smiley) par un « sugoi » (une planète) ou un « heeeeeee » d'admiration(une kitty chan !) . On nomme chaque forme, chaque couleur. On applaudit à chaque fin de tableau. Car outre l'originalité dans les formes et les couleurs, c'est la longueur du feu d'artifice japonais qui impressionne (plus d'une heure !!!).
Dans la même explosion, un point lumineux change jusqu'à 3 fois de couleurs. Assis ou affalés sur le côté comme un Romain décadent, on profite. Le feu d'artifice japonais prend son temps. Il se permet de ne tirer qu'une (jolie) fleur à la fois. Elle grandit dans le ciel, dessine sa tige dans le noir puis éclos et fâne, parfois en saule pleureur. De temps en temps, le tableau s'anime et un mini bouquet final nous péte à la gueule. Sugoi. Applause. Et ça repart traintrain. Le son est aussi important que l'image. Certaines détonations nous vrille plus le c½ur que les tympans. Chaque explosion est le poul du feu d'artifice. Tantôt moderato, tantôt surexcité. Quand une fusée part plus haut que les autres, "ookii" ou "nagai" (grande, longue) s'élève des bouches japonaises ... on sait alors que la déflagration va nous résonner de l'intérieur.
Pendant une heure ce petit jeu cyclique se reproduit. Une par une puis mini bouquet.
Jusqu'au bouquet final : une éclipse !!!
On peut alors remballer la bâche, les paquets vides, se dire que c'était vraiment sugoi ... en rêvant du prochain